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The Blue Economy
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Concepts

Passer de la standardisation à la diversification et à l'abondance

Ce principe pose que réduire ses nuisances ne suffit pas : polluer moins, c'est encore polluer. Il demande d'imiter les systèmes naturels pour faire évoluer la production de la standardisation et des monocultures vers la diversification et l'abondance, jusqu'à produire des effets positifs cumulatifs.

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Ce que le principe conteste

Le discours dominant consiste à polluer moins et à s'engager à réduire l'impact de l'industrie sur l'environnement. Gunter Pauli juge cette réponse insuffisante : la plupart des gens semblent ignorer l'échelle et l'intensité des ravages en cours, et ne peuvent donc pas comprendre l'ampleur réelle des dommages causés. La « solution » actuellement adoptée, prendre des mesures pour réduire l'impact négatif, n'est tout simplement pas à la hauteur.

L'objection est formulée sous forme d'analogie : un criminel n'est pas récompensé parce qu'il vole moins, alors quel sens y a-t-il à récompenser une entreprise parce qu'elle pollue moins ? Voler moins, c'est encore voler ; polluer moins, c'est encore polluer. Comment se satisfaire d'une simple diminution des émissions et des déchets quand on sait que cela n'est pas soutenable ?

Une raison clé pour laquelle le « faire moins de mal » ne suffit pas est que la demande globale augmente. Ce mécanisme est décrit comme l'effet rebond (Rebound Effect) : pendant que certains prennent des mesures positives pour réduire leur impact, la population mondiale croît et la classe moyenne s'élargit, avec beaucoup plus de citoyens aspirant aux mêmes modes de consommation que ceux qui ont créé le problème au départ. Plutôt que de fixer des objectifs de moindre dégât, la première priorité devrait être qu'aucun dommage ne soit causé.

De la standardisation à la diversité

Le principe demande de remplacer les pratiques, produits et industries actuels par ceux qui non seulement éliminent ces impacts négatifs, mais créent des résultats positifs cumulatifs. Il s'agit de dépasser la minimisation des dommages pour atteindre la neutralité (zéro émission et zéro déchet, position défendue par l'auteur dès 1989), puis d'aller au delà de la neutralité vers des effets positifs dont tous bénéficient.

Si nous étions véritablement des élèves de la Nature, nos procédés industriels et nos habitudes de consommation évolueraient de la standardisation et des monocultures vers une tapisserie riche et diverse. La puissance des systèmes naturels tient à leur tendance vers toujours plus de diversité : plus de diversité augmente le nombre de relations, ce qui renforce la résilience et élève la productivité du système en améliorant les flux de matière, de nutriments et d'énergie.

Cette émulation des systèmes naturels, où des problèmes interconnectés deviennent la base de portefeuilles d'opportunités, va de pair avec une concurrence pensée au niveau du système plutôt que du produit isolé, à partir de flux de revenus multiples et interconnectés. L'autre producteur d'aliments et de boissons n'est plus le concurrent : l'inspiration vient de l'autre écosystème capable de produire davantage d'eau, de nutrition, d'énergie, de santé, de logement et d'emplois.

Ce que ça donne concrètement

À Las Gaviotas, en Colombie, la plantation de pins a constitué la première étape du projet, et la Nature a rapidement tiré parti des nouvelles conditions physiques. En une décennie, la biodiversité est passée de 17 espèces végétales, dont 11 espèces de graminées non indigènes introduites pour produire du fourrage destiné au bétail, sans succès, à 256 espèces végétales. Les espèces non indigènes ont été éliminées naturellement par un processus porté par les graminées, buissons et arbres indigènes, mieux adaptés à la zone, qui les ont évincées de l'écosystème.

Le sous bois épais qui en a résulté a assuré la rétention de l'humidité et des nutriments. Des colonies prospères de fourmis et de termites ont réapprovisionné le sol profond en nutriments, ce qui a contribué à améliorer la filtration et la minéralisation de l'eau. Pendant que la faune et la flore prospéraient, de l'eau potable pure a été mise gratuitement à disposition de la communauté locale, améliorant la santé de tous au point que l'hôpital a fermé, faute de patients.

Le regroupement d'innovations crée assez de valeur pour que certains produits soient proposés à tarif très réduit, voire gratuitement au point d'usage, créant ainsi de nouveaux Communs. Deux exemples sont cités : l'eau potable filtrée par la forêt fournie gratuitement à la population locale de Las Gaviotas, issue de la régénération de la forêt tropicale, et la fourniture gratuite de couches à Berlin, en Allemagne, aux familles avec bébés, résultat de la création d'un terreau de haute qualité pour la plantation d'arbres fruitiers.

Faits clés

  • Le principe rejette la logique du « polluer moins » : voler moins reste voler, polluer moins reste polluer.
  • L'effet rebond est invoqué : la demande globale augmente avec la croissance démographique et l'élargissement de la classe moyenne.
  • L'objectif est d'aller au delà de la neutralité (zéro émission et zéro déchet, position défendue dès 1989) vers des effets positifs cumulatifs.
  • Plus de diversité augmente le nombre de relations, renforce la résilience et améliore les flux de matière, de nutriments et d'énergie.
  • À Las Gaviotas, la biodiversité est passée en une décennie de 17 espèces végétales, dont 11 graminées non indigènes, à 256 espèces végétales.
  • L'eau potable est fournie gratuitement à Las Gaviotas et des couches gratuites sont fournies aux familles avec bébés à Berlin.

Points à vérifier

  • Les chiffres de Las Gaviotas (17 espèces, dont 11 graminées non indigènes, puis 256 espèces en une décennie) sont avancés sans référence dans le contexte.
  • La fermeture de l'hôpital de Las Gaviotas faute de patients est affirmée sans source.
  • L'antériorité revendiquée de l'argument zéro émission et zéro déchet en 1989 n'est pas documentée dans le contexte.
  • La description de l'effet rebond n'est rattachée à aucune étude ou auteur dans le contexte.
  • Le dispositif berlinois de couches gratuites lié à la production de terreau n'est ni daté ni chiffré dans le contexte.