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The Blue Economy
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Concepts

Concevoir des initiatives à flux de trésorerie et bénéfices multiples

Ce principe demande que chaque projet soit conçu dès l'origine pour produire plusieurs flux de trésorerie et plusieurs bénéfices, et non un seul produit ou une seule marge. L'objectif est d'augmenter les revenus, de réduire le risque de l'entrepreneur et de générer en même temps des avantages non financiers pour la communauté et les écosystèmes.

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L'habitude que le principe conteste

Le modèle d'affaires traditionnel se concentre sur la maximisation du profit. Dans des marchés où la concurrence est effective, cela signifie une forte attention portée à l'augmentation de la production, afin d'accroître les revenus et de capter des économies d'échelle, donc de réduire les coûts unitaires. En pratique, cela revient à produire davantage d'un nombre limité de biens et de services, à un coût marginal plus bas, avec une gestion de la chaîne d'approvisionnement qui tend à réduire le nombre de fournisseurs, à éliminer les stocks et à s'appuyer sur la livraison en flux tendu, soutenue par un contrôle serré de la logistique.

L'effet net est que la part relative du travail et des matières premières dans la valeur totale du produit diminue, et avec elle les revenus tirés des matières premières ou versés aux travailleurs en salaires et avantages. L'automatisation permet de fabriquer largement « sans main d'oeuvre », la robotisation et l'IA suppriment le besoin de personnel, la livraison est externalisée, les drones et les véhicules sans conducteur éliminent même le travail du dernier kilomètre. Les matières premières, elles, sont gérées par un système complexe de contrats à terme, d'options et de couverture, négociés via des courtiers utilisant des systèmes de trading automatisés. Ce système entier est conçu pour un seul but, maximiser le profit, et il laisse un héritage considérable sur le plan social et environnemental.

L'approche de l'Économie Bleue refuse également deux postures voisines : traiter le déchet comme quelque chose dont il faut « s'occuper » de manière responsable, et poursuivre la production habituelle en mettant de côté une part des profits pour tenter de réparer une partie des dommages causés, au nom de la responsabilité sociale de l'entreprise.

Ce que le principe propose

Au coeur de l'approche, les projets garantissent toujours des flux de trésorerie multiples et des bénéfices multiples. Comme les écosystèmes, qui ne poursuivent jamais un seul bénéfice, l'approche est conçue pour générer de nombreux avantages financiers et non financiers. L'inspiration vient de l'intelligence de la Nature : une feuille sur un arbre n'est pas seulement là pour capter l'énergie solaire, elle offre aussi de l'ombre, gère la trans-évaporation, prévient la perte d'eau, transporte les nutriments, permet les échanges gazeux et protège la plante, et lorsqu'elle prend le vent, le mouvement facilite les flux dans ses capillaires.

Cette logique se met en oeuvre par un portefeuille d'initiatives. Chaque initiative ayant plusieurs flux de trésorerie, le résultat immédiat est une augmentation des sources de revenus et une baisse du risque pour les entrepreneurs. Elle permet aussi de générer bien plus que du revenu : elle crée la base pour que les communautés retrouvent un dynamisme économique et social en harmonie avec leur environnement. C'est une considération clé, puisque la motivation première de l'Économie Bleue était de fournir un modèle d'affaires qui assure d'abord la satisfaction des besoins de base, puis stimule une croissance économique capable de rivaliser avec la concurrence internationale là où cela sert le mieux la communauté.

La construction du capital économique, social et naturel fait partie intégrante de l'approche. Celle-ci porte un regard neuf sur ce qui est disponible localement, depuis ce qui était autrefois considéré comme un déchet ou une mauvaise herbe, jusqu'aux infrastructures ou actifs mis hors service et laissés improductifs.

Ce que ça donne concrètement

Gunter Pauli prend l'exemple des champignons cultivés sur les résidus de café. Après la récolte des champignons, le substrat usagé constitue un aliment organique idéal pour les poules, qui produisent ensuite des oeufs. À partir d'un seul flux de déchets, il est ainsi possible de générer au moins cinq flux de trésorerie directs supplémentaires : 1) la prise en charge du déchet du café, 2) son utilisation pour cultiver des champignons, 3) l'utilisation du déchet de ce procédé comme aliment pour animaux, 4) la production locale d'oeufs, 5) la production de fumier utilisable comme fertilisant ou dans des biodigesteurs pour fabriquer des carburants.

À cela s'ajoutent des effets qui ne se lisent pas dans une seule ligne de compte : moins de transport pour évacuer le marc de café et pour faire venir les produits de volaille et les oeufs, et le remplacement du méthane issu de la décomposition du marc de café par la production de CO2 liée à la culture des champignons. L'ensemble rend la production alimentaire moins chère, la maintient dans la communauté locale et fait circuler les revenus au sein de cette communauté.

Au delà du financier, chaque initiative cherche aussi à renforcer les Communs, à régénérer la biodiversité et à accroître la résilience de la communauté. Ces effets n'ont pas nécessairement de traduction financière directe, mais ils soutiennent l'économie tout entière. Dans une Économie Bleue, l'entreprise ne poursuit pas sans relâche le profit de court terme en n'assumant les impacts que lorsqu'elle y est contrainte : elle est capable d'assurer davantage de revenus à court comme à long terme, tout en apportant des bénéfices multiples à la communauté et aux écosystèmes.

Datos clave

  • Le principe pose que tout projet doit générer plusieurs flux de trésorerie et plusieurs bénéfices, financiers et non financiers.
  • L'analogie retenue est la feuille, qui capte l'énergie solaire mais aussi offre de l'ombre, gère la trans-évaporation, transporte les nutriments, permet les échanges gazeux et protège la plante.
  • L'exemple des champignons cultivés sur résidus de café produit au moins cinq flux de trésorerie directs supplémentaires : prise en charge du déchet, culture de champignons, substrat usagé comme aliment animal, production locale d'oeufs, fumier comme fertilisant ou intrant de biodigesteur.
  • Le procédé évite le méthane issu de la décomposition du marc de café en le remplaçant par le CO2 lié à la culture des champignons.
  • La multiplication des flux augmente les sources de revenus et abaisse le risque pour l'entrepreneur.
  • Chaque initiative vise aussi à renforcer les Communs, régénérer la biodiversité et accroître la résilience de la communauté, sans forcément de retour financier direct.

Puntos a verificar

  • Le chiffre d'« au moins cinq » flux de trésorerie supplémentaires est avancé sans référence chiffrée ni étude de cas sourcée dans le contexte.
  • L'affirmation sur la substitution du méthane par du CO2 dans la filière champignons sur marc de café n'est appuyée par aucune donnée ni source dans le contexte.
  • Aucune entreprise, aucun lieu ni aucune espèce de champignon ne sont nommés dans le contexte pour cet exemple.
  • Les affirmations sur l'automatisation, la robotisation et l'IA supprimant le besoin de personnel sont présentées sans source.