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The Blue Economy
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Concepts

Tenir bon pour la santé et le bonheur

Ce principe fixe comme finalité de l'Économie Bleue une société en bonne santé et heureuse, et non la seule performance économique. Il s'atteint en concevant des portefeuilles de projets dans lesquels l'argent circule localement et où la cohésion sociale et la coopération se renforcent.

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Le point de départ : ne pas perdre de vue la finalité

L'approche de l'Économie Bleue commence par une attention claire portée aux besoins de base des humains et de la Nature, mais elle garde en permanence la clarté sur le but ultime : obtenir une société en bonne santé et heureuse. La condition posée par Gunter Pauli est de renoncer à prolonger les modèles de développement du passé et d'adopter une démarche qui trace un chemin vers l'avenir, en acceptant de ne pas pouvoir prétendre connaître le résultat avec certitude ni disposer de résultats garantis.

Le texte écarte également deux extrêmes symétriques : il ne s'agit pas de créer des économies locales économiquement autosuffisantes, ni des économies locales entièrement dépendantes du service aux marchés internationaux. Le but est de créer un équilibre entre les options disponibles, un équilibre qui serve la communauté et l'économie locales. L'Économie Bleue n'est pas contre la mondialisation, elle est en faveur d'une bien meilleure version de celle-ci.

Ce que le principe demande de faire

Le but s'atteint en concevant des portefeuilles de projets dans des communautés où l'argent circule localement, et où une forte cohésion sociale et une coopération se développent en conséquence. Cette approche est qualifiée de transformationnelle.

Le système visé repose sur l'autopoïèse : la capacité du système à s'autoréguler, à s'adapter aux perturbations et à prospérer à l'intérieur de limites claires. L'Économie Bleue recherche ainsi un équilibre sain entre la création de valeur et le renforcement de la communauté à partir des ressources locales, avec une intégration appropriée dans les économies nationales, régionales et même mondiales.

La logique de portefeuille sous-tend cette recherche : des flux de revenus multiples et interconnectés déplacent la concurrence au niveau du système plutôt qu'au niveau du produit ou du service isolé. Le regroupement d'innovations crée assez de valeur pour que certains produits puissent être proposés à des tarifs très réduits, voire gratuitement au point d'usage, créant ainsi de nouveaux Communs. Le texte cite l'eau potable filtrée par la forêt fournie gratuitement à la population locale de Las Gaviotas en Colombie, où l'eau résulte de la régénération de la forêt tropicale, et la fourniture gratuite de couches aux familles avec bébés à Berlin, en Allemagne, résultat de la création d'un terreau de haute qualité destiné à la plantation d'arbres fruitiers.

Ce que ça donne concrètement

Deux études de cas sont mobilisées : Las Gaviotas en Colombie et le Centre Songhai au Bénin. Elles montrent que même dans les conditions initiales les plus défavorables, il est possible de créer des emplois, de fournir des produits et des services, et même de rivaliser en prix et en performance avec les acteurs mondiaux, tout en tendant vers la santé et le bonheur de la communauté.

À Las Gaviotas, le projet vend de la colophane, la résine transformée des pins, à l'industrie locale de la peinture, en surclassant les importations chinoises et vénézuéliennes. Il vend aussi son excédent d'eau naturellement filtrée sur le marché national, en travaillant avec des chaînes de restaurants comme WOK à Bogota. Ces ventes d'eau, minuscules à l'échelle mondiale, concurrencent localement des géants comme Coca Cola et Nestlé, et le flux de trésorerie local supplémentaire qu'elles génèrent permet à Gaviotas de maintenir l'eau potable comme un Commun dans la communauté locale où elle est captée. La térébenthine issue de la résine de pin est purifiée et transformée en un carburant qui fait fonctionner des moteurs diesel et essence, supprimant le besoin d'importer du pétrole depuis l'extérieur de la région. La plantation de palmiers à huile entre les pins et la forêt biodiverse locale émergente, avec transformation dans une usine locale, offre à la région sa propre huile de cuisine. Ces deux substitutions d'importations à moindre coût, qui génèrent aussi des revenus par les salaires, augmentent substantiellement la trésorerie disponible dans l'économie locale, laquelle circule plus vite et contribue à créer davantage de pouvoir d'achat, ce qui construit la richesse locale et le capital social.

Le Centre Songhai fonctionne selon les mêmes principes. Fruits, légumes, poissons et viandes locaux forment la base d'une ferme productive dans une région périurbaine de Porto Novo, capitale du Bénin. La production ne se limite pas à l'alimentation : tous les équipements sont entretenus sur place, et les pièces manquantes ne sont pas commandées au prix d'attentes qui immobiliseraient les moteurs pendant des mois, elles sont fabriquées localement, ce qui suppose d'entretenir une fonderie et un atelier métal. Les œufs de caille produits, avec des oiseaux nourris principalement d'asticots élevés à partir des abats de l'abattoir présent sur le site, sont de haute qualité et très recherchés en France, ce qui permet à Songhai d'exporter régulièrement son excédent à des prix qui ne seraient jamais viables sur le marché local. Cela offre un stimulant supplémentaire aux activités et permet de constituer du capital social à un rythme accéléré, en fournissant l'environnement sain et heureux recherché.

Datos clave

  • Le but ultime affirmé est une société en bonne santé et heureuse, atteint via des portefeuilles de projets où l'argent circule localement et où la cohésion sociale se renforce.
  • Le système visé repose sur l'autopoïèse : capacité à s'autoréguler, à s'adapter aux perturbations et à prospérer dans des limites claires.
  • L'objectif n'est ni l'autosuffisance économique locale ni la dépendance totale aux marchés internationaux, mais un équilibre entre les options disponibles.
  • À Las Gaviotas, la colophane issue de la résine de pin est vendue à l'industrie locale de la peinture, et la térébenthine purifiée devient un carburant pour moteurs diesel et essence.
  • L'excédent d'eau filtrée de Las Gaviotas est vendu au niveau national, notamment avec la chaîne WOK à Bogota, ce qui permet de maintenir l'eau potable comme Commun localement.
  • Au Centre Songhai, à Porto Novo, les pièces manquantes sont fabriquées sur place grâce à une fonderie et un atelier métal, et les œufs de caille excédentaires sont exportés vers la France.

Puntos a verificar

  • L'affirmation selon laquelle la colophane de Las Gaviotas surclasse les importations chinoises et vénézuéliennes est avancée sans référence chiffrée ni source.
  • L'affirmation que le carburant tiré de la térébenthine supprime le besoin d'importer du pétrole dans la région n'est pas documentée dans le texte.
  • L'affirmation que les œufs de caille de Songhai sont très recherchés en France et exportés à des prix non viables localement n'est appuyée par aucune donnée.
  • La concurrence locale avec Coca Cola et Nestlé est affirmée sans indication de volumes ou de parts de marché.