Traduire le progrès en résultats comptables traditionnels
Bien qu'une approche d'Économie Bleue privilégie des modèles non linéaires, elle peut néanmoins traduire le progrès en résultats annuels ou trimestriels à l'aide des outils comptables traditionnels. C'est un élément important pour relier le large éventail d'opportunités nouvellement créées, afin d'intégrer ces initiatives et propositions dans les outils traditionnels de mesure de la santé et de la performance d'une entreprise, ou d'un groupe d'entreprises.
Le papier de pierre traité comme une consigne
Quelques exemples illustrent cette approche. La conception du modèle d'affaires permet parfois de capitaliser les coûts, comme c'est le cas avec le papier de pierre. Ce type de papier est recyclable indéfiniment, contrairement au papier traditionnel à base d'arbres qui ne peut être recyclé que quatre à cinq fois avant que les fibres ne deviennent trop courtes et impropres à la réutilisation. Ainsi, l'usage du papier de pierre permet désormais de traiter le coût du papier des livres comme une consigne, une technique commerciale utilisée pour les contenants en verre. Le papier de pierre peut être recyclé facilement et indéfiniment. Tout comme les entreprises de boissons peuvent inscrire à l'actif de leur bilan l'aluminium des canettes et le verre des bouteilles, du fait de la consigne imposée par la loi. En facturant une consigne qui renforce les revenus, le recyclage du papier réduira les coûts au compte de résultat, puisque le papier devient désormais un actif, la majeure partie du coût étant payée d'avance puis réutilisée pour générer un revenu continu. Les maisons d'édition peuvent offrir une réduction sur les tarifs d'abonnement si les anciens magazines sont retournés, créant ainsi une boucle fermée pour le papier de pierre à faible coût de récupération, en coopération avec des clients engagés à retourner le papier et le carton ondulé. La réduction des coûts augmentera la diffusion, améliorera les revenus et placera davantage de papier de pierre au bilan. Cette approche fonctionne également dans le cas de la culture de champignons sur déchets de café, où les grandes quantités de marc de café usagé dans un établissement passent du statut de passif à gérer à celui de produit pouvant être vendu avec une forte création de valeur.

