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The Blue Economy
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Axe 02 · Changer les règles du jeu

Renforcer le Bien commun et promouvoir la vie

La Nature fournit l'air, l'eau, la nourriture, les minéraux, les remèdes et la beauté, régule le climat et convertit les résidus en aliments. Ces communs servent le Bien commun de tous.

Renforcer le Bien commun et promouvoir la vie

Ce que la Nature offre, pour le Bien commun de tous

Une fois que nous prenons conscience de notre capacité à transformer des problèmes interconnectés en portefeuilles d'opportunités, tout comme cela se produit dans la Nature, nous pouvons répondre aux besoins de base de tous, avec des produits et des services stratégiques pour la vie, disponibles localement à un coût bien moindre, pour le Bien commun de tous. Cette logique s'impose d'elle-même. La Nature ne nous offre pas seulement de l'air, de la nourriture, de l'eau, des substances chimiques et des minéraux, mais aussi de la génétique, de la médecine et de la beauté. Elle régule le climat, décontamine et minéralise l'eau, et convertit les résidus en nourriture. La Nature prévient l'érosion, maintient la fertilité des sols, assure la pollinisation et équilibre les nuisibles et les populations. Elle entretient les cycles de vie et la diversité génétique. Tout cela enrichit la vie et nous permet à tous de partager ce que nous possédons. Il est regrettable que les Communs naturels soient au mieux négligés, au pire exploités : les pâturages sont surpâturés et l'air pollué. Pire encore, certains estiment avoir le droit de prendre à la Nature tout ce qu'ils peuvent, sans jamais lui offrir de répit pour renforcer sa capacité à faire face à une demande excessive. Plus troublant encore, les services rendus par les Communs naturels sont parfois privatisés et monétisés, comme l'approvisionnement en eau potable. Comment peut-on faire du profit sur ce qui est nécessaire à la vie ?

Les Communs, exploités au-delà de leur capacité de régénération

Les Communs, tels que les aquifères d'eau de source, sont exploités au-delà de leur capacité de régénération, transformant souvent l'eau (l'essence même de la vie, qui appartient à tous) en un produit commercial mis en bouteille (le plus souvent en plastique) et expédié partout dans le monde. La génétique est livrée à la convoitise (nombre d'« inventions » n'étant rien de plus que la découverte de ce que la Nature a conçu et créé il y a des millions d'années), dans le seul but de l'exploiter à des fins commerciales, en réservant ainsi l'accès à ceux qui peuvent payer. Il est alarmant de voir à quel point les abeilles et les autres insectes pollinisateurs sont affectés par un usage irréfléchi et non réglementé de substances toxiques. Alors que les conséquences non voulues sont considérées comme des dommages collatéraux et passées par pertes et profits, ces entreprises conservent leurs licences d'exploitation et continuent d'abîmer les Communs au nom d'un prétendu progrès et d'une prétendue productivité. Quand les gens comprendront-ils que, sans un service de pollinisation gratuit, il n'y aurait ni fruits, ni légumes, ni vin, ni noix sur nos tables ? Ou bien la pollinisation devrait-elle être transformée en un service purement privé et commercial ?

Le sol, la mince peau de la Terre

Le sol, avec la formation et la minéralisation continues de la terre arable, est une autre composante de nos Communs naturels, essentielle à notre survie à long terme, et pourtant largement négligée. Il semble régner une croyance aveugle selon laquelle la modification génétique, l'hydroponie, la nutrition créée en laboratoire, les systèmes informatiques dotés d'IA et la surveillance satellite des évolutions météorologiques permettront de produire toute la nourriture nécessaire pour nourrir neuf milliards de personnes. La dure réalité est que sans un sol riche en carbone, une « terre noire », il n'y aura pas d'agriculture durable pour les générations futures. Le sol est aujourd'hui exploité selon une vision simpliste, où il suffirait d'ajouter de l'azote, du phosphore et du potassium pour améliorer la productivité, en ignorant qu'une multitude de micro-organismes, chacun jouant un rôle très spécifique dans la Nature, prospèrent dans la terre arable, cette « mince peau » de la Terre.

Les terres et les mers ne sont pas seulement surexploitées par les méthodes agricoles et de pêche actuelles : les nutriments sont consommés sans être renouvelés, les forêts sont traitées comme de simples plantations d'arbres, consommées sans être replantées en préservant leur biodiversité. Il en résulte un dérèglement climatique, marqué par une hausse spectaculaire des températures et l'acidification de l'air, de l'eau et du sol. C'est fort de cette compréhension qu'une approche d'Économie Bleue veille à ce que toute nouvelle initiative renforce la capacité de la Nature à continuer d'offrir des produits et des services gratuits et abondants, allant du sol, de la nourriture et de l'eau, jusqu'à la beauté.

Source · Gunter Pauli, The Blue Economy 6.0, chapitre 1 « Guiding Principles of The Blue Economy », édition 2026.

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