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Acteurs

Jacques Rougerie

Jacques Rougerie est un architecte français né le 11 juillet 1945 à Paris, spécialisé dans les habitats marins, côtiers et spatiaux, membre de l'Académie des beaux-arts depuis 2008. De la première maison sous-marine Galathée en 1977 aux trimarans d'observation Aquascope et Aquaspace, puis aux grands équipements de médiation liés à la mer, Océanopolis, Nausicaá, la Cité de la Mer, il fonde son travail sur le biomimétisme et a séjourné à plusieurs reprises dans des habitats subaquatiques pour éprouver ses créations. Il porte le projet de station océanique internationale SeaOrbiter et la Fondation Jacques Rougerie Génération Espace Mer, dont le concours international a réuni 12 000 candidatures de 150 nationalités.

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Profil

!Portrait officiel de Jacques Rougerie publié par le site du projet SeaOrbiter. Crédit : E. Préau / SeaOrbiter (droits site officiel à formaliser)

Jacques Rougerie est un architecte français né le 11 juillet 1945 à Paris, d'une mère professeure de mathématiques et d'un père biogéographe [S1][S2]. La Cité de l'architecture et du patrimoine le présente comme un architecte visionnaire de renommée internationale, académicien, spécialisé dans les habitats marins, côtiers et spatiaux [S27].

Son œuvre tient dans une phrase qu'il répète depuis un demi-siècle : habiter la mer [S30]. Là où l'architecture terrestre pose des fondations, la sienne cherche la suspension, la flottabilité variable, la dérive avec les courants. Elle produit d'abord des objets rares et petits, maisons sous-marines, refuges, trimarans d'observation, qu'il teste lui-même en immersion, puis des équipements publics considérables, Océanopolis à Brest, Nausicaá à Boulogne-sur-Mer, la Cité de la Mer à Cherbourg [S1][S12][S13]. Il fonde ce travail sur le biomimétisme, démarche qu'il présente comme résiliente et durable, inspirée des expéditions de Jacques-Yves Cousteau et de l'imaginaire de Jules Verne [S4].

Élu à l'Académie des beaux-arts le 25 juin 2008, section Architecture, fauteuil I, en succession d'André Wogenscky [S1], il crée en 2009 la Fondation Jacques Rougerie Génération Espace Mer [S1]. Celle-ci organise, en partenariat avec l'UNESCO, un concours international d'architecture et d'innovation dont la page officielle ne donne pas l'année de première édition [S20]. Il porte enfin le projet de station océanique internationale SeaOrbiter, synthèse déclarée de trente ans de recherches sous la mer [S18].

Jeunesse et formation

!« Les premiers projets », parmi les créations emblématiques présentées par la Fondation Jacques Rougerie. Crédit : Fondation Jacques Rougerie (droits site officiel à formaliser)

Jacques Rougerie passe ses onze premières années en Côte d'Ivoire [S2][S30]. Il dit y avoir grandi bercé par le vent et la houle du large [S30]. C'est là qu'il côtoie Théodore Monod, naturaliste encyclopédique proche de son père, qui avait pris part aux plongées d'essai du bathyscaphe [S2][S30]. La mer n'est donc pas pour cet enfant un décor de vacances, mais un environnement quotidien doublé d'une conversation savante.

À onze ans, il voit Le Monde du silence, de Louis Malle et Jacques-Yves Cousteau ; la Médiathèque de la Mer décrit un bouleversement et un choc qui scelle son destin [S2]. La villa Noailles date cette découverte de 1956 et l'associe aux lectures de Jules Verne comme déclic de sa vocation [S5] ; s'y ajoutent Isaac Asimov et Arthur C. Clarke [S2].

La formation est délibérément double, architecture et mer. Rougerie entre en 1964 à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, dans l'atelier issu d'Auguste Perret, où il reste jusqu'en 1969 [S2][S4][S5]. En parallèle, il suit de 1965 à 1967 la spécialité technique de construction de l'École des arts et métiers de Paris, sous la direction de Jean Prouvé [S2][S4]. À partir de 1970, il fréquente les séminaires de l'Institut océanographique de Paris et passe par l'Université d'urbanisme de Vincennes [S2][S4]. Il obtient le diplôme d'architecte DPLG en 1972 et fonde la même année son agence [S2][S4]. Deux ans plus tard, il crée le Centre d'architecture de la mer, équipe pluridisciplinaire d'architectes, d'ingénieurs, de biologistes et d'océanographes, qui deviendra le Centre d'architecture de la mer et de l'espace [S1][S4][S10]. L'outil précède l'œuvre : avant de dessiner des habitats, Rougerie s'est donné un atelier capable de les calculer.

Les habitats sous-marins (1973-2000)

!Village sous-marin, création emblématique de Jacques Rougerie. Crédit : Fondation Jacques Rougerie (droits site officiel à formaliser)

En moins de dix ans, l'agence produit une famille cohérente d'engins : des volumes habités percés de dômes et de hublots en méthacrylate, suspendus entre deux eaux par ballast variable plutôt que posés sur le fond, afin de ne rien détruire du milieu qu'ils viennent observer. Les matériaux de coque varient d'un engin à l'autre, l'aluminium pour l'Aquascope et pour Hippocampe, l'acier pour Galathée selon sa fiche Architizer [S7][S8][S9].

Village sous la mer (1973)

Commande de la NOAA et de la NASA pour les îles Vierges américaines, ce village immergé entre 30 et 40 mètres de profondeur est dimensionné pour 50 à 250 aquanautes, destiné au développement de l'aquaculture marine et à l'entraînement des astronautes de la NASA [S3][S5]. Le Centre Pompidou en conserve une maquette de 177 centimètres de diamètre, en plastique, bois et métal, entrée par don de l'artiste en 2006, au sein d'un ensemble daté de 1971 à 1974 et intitulé Village sous-marin, ferme, musée, Pulmo, Centre à grande profondeur [S6].

Pulmo (1974)

Laboratoire mobile en forme de méduse, Pulmo est conçu pour dériver entre 3 000 et 4 000 mètres de profondeur avec une autonomie de trois mois, en appui aux travaux de construction sous-marine [S10]. Il figure parmi les créations emblématiques retenues par la Fondation [S18] et dans l'ensemble déposé au Centre Pompidou [S6].

Galathée (1977)

Galathée est la première maison sous-marine construite par Rougerie [S1]. Mise à l'eau en 1977, elle pèse 56 tonnes et présente une coque oblongue de 7 mètres percée de dômes en méthacrylate de 2,2 mètres de diamètre [S7]. Son ballast souple en tissu néoprène est l'invention centrale : il permet un mouillage en suspension entre 9 et 60 mètres, sans ancrage au fond, donc sans impact sur l'écosystème [S7][S22]. L'habitat accueille 4 à 5 passagers pour des séjours de un à trois mois [S2][S7]. Rougerie la décrit comme un ludion, ce jouet de physique qui monte et descend dans son bocal [S10]. Elle sera présentée devant le Pavillon de la Mer à Osaka comme démonstrateur des technologies d'habitat marin [S11].

Aquabulle (1978)

Sphère d'observation pour trois personnes, à la fois refuge sous-marin et mini-observatoire scientifique, l'Aquabulle est suspendue entre 0 et 60 mètres et mesure 2,8 mètres de haut pour 2,5 mètres de diamètre [S2][S22]. Elle sera construite en série [S22]. En 1981, plusieurs Aquabulles installées en Corse accueillent douze enfants sous l'eau [S2]. Objet le plus reproductible de la série, c'est elle que la villa Noailles a exposée sur son parvis en 2024 [S5].

Aquascope (1979)

Avec l'Aquascope, l'agence quitte l'habitat pour le regard : trimaran semi-submersible d'observation fondé sur le principe de flottabilité variable, coque centrale en aluminium de 7 mètres de long sur 4,4 de large, hublots en méthacrylate [S8]. Commandé à l'origine par le Club Méditerranée, il existe en versions A8 et A10, huit ou dix passagers [S8]. La série est la plus diffusée de toute l'œuvre : vingt-cinq exemplaires selon le site du projet SeaOrbiter [S22], plus de trente selon Architizer, dont certains naviguent toujours dans le parc national de Port-Cros à Hyères [S8].

Hippocampe (1981)

Hippocampe reprend le principe de Galathée, structure aluminium et hublots de méthacrylate suspendus en pleine eau, pour deux personnes en plongée à saturation à moins de 12 mètres, sur des séjours de 7 à 15 jours [S9][S22]. Il est immergé en décembre 1981 au large de Marseille, exactement à l'endroit où Jacques-Yves Cousteau avait installé en 1962 le premier habitat Précontinent [S9] : la filiation est revendiquée. Après ses essais méditerranéens, l'engin est transféré au Mexique, où Armando Ferrat poursuit les expériences au large de Cancún ; il est aujourd'hui exposé à Isla Mujeres [S9].

Aquaspace (1982) et Ocean Observer (1998)

Aquaspace est un trimaran de 20 mètres à coque centrale transparente, jusqu'à dix-huit personnes, avec un pont d'observation sous la ligne de flottaison, conçu pour l'observation continue de la faune et de la flore marines et pour la recherche [S2][S22]. Certaines unités naviguent encore aux Antilles néerlandaises [S22]. Dernier de la lignée, l'Ocean Observer est un prototype de laboratoire dérivant relié à une flottaison de surface, emportant deux personnes jusqu'à 6 mètres de profondeur pour l'observation du plancton, notamment dans l'océan Indien [S3]. Vingt-cinq ans de recherche aboutissent à une idée simple : cesser de lutter contre le courant, se laisser porter, et observer.

Vivre sous la mer : les expériences

!Jacques Rougerie avec l'astronaute Jean-Loup Chrétien et le cosmonaute Vladimir Titov dans le laboratoire sous-marin La Chalupa, Key Largo, 1992. Crédit : SeaOrbiter, site officiel (droits site officiel à formaliser)

La singularité de Rougerie parmi les architectes est qu'il a habité ses propres ouvrages dans les conditions extrêmes qu'ils étaient censés rendre habitables. La Cité de l'architecture et du patrimoine relève qu'il a séjourné à plusieurs reprises dans des habitats subaquatiques pour vérifier le fonctionnement de ses créations [S27].

En décembre 1981, à bord d'Hippocampe au large de Marseille, il célèbre ce que la Cité de la Mer appelle le premier Noël sous la mer, en présence d'enfants [S2] : la démonstration technique est chez lui indissociable d'une mise en récit destinée au grand public et aux plus jeunes.

L'épisode le plus cité, et le plus discuté, se situe en 1992 en Floride, au large de Key Largo, dans le laboratoire sous-marin La Chalupa. L'Académie des beaux-arts porte à son actif un record du monde de séjour continu sous la mer de 69 jours aux États-Unis [S1] ; la villa Noailles rapporte ses propos, où il dit la fierté d'avoir participé à un record du monde de 71 jours [S5] ; Chroniques d'architecture le cite disant y être resté 61 jours et précise l'objet de l'expérience, l'adaptation biologique et psychologique de l'être humain à la vie sous-marine [S10]. Le site du projet SeaOrbiter donne pourtant une autre lecture du même épisode : il attribue le record de 69 jours et 19 minutes à l'aquanaute américain Richard Presley, dans le cadre du Project Atlantis, et présente Jacques Rougerie comme venu lui rendre visite ce jour-là, aux côtés de Jean-Loup Chrétien et de Vladimir Titov [S22]. La fiche ne tranche pas : la contradiction ne porte pas seulement sur le nombre de jours, mais sur le fait même du séjour, et elle est reportée en fin de fiche. Ce qui converge d'une source à l'autre, c'est la présence de l'architecte dans l'habitat et la compagnie d'équipages venus de l'exploration spatiale.

Grands équipements et musées de la mer

Au tournant des années 1990, l'agence change d'échelle : de l'engin habité produit à l'unité, elle passe à l'équipement public de plusieurs dizaines de milliers de mètres carrés, dont la fonction est d'installer l'océan dans l'imaginaire collectif.

Nausicaá

!Nausicaá, Boulogne-sur-Mer. Crédit : Rougerie+Tangram (droits site officiel à formaliser)

L'extension du Centre national de la mer de Boulogne-sur-Mer, dite le Grand Nausicaá, est menée de 2012 à 2018 pour la Communauté d'agglomération du Boulonnais, sous maîtrise d'œuvre architecturale de Jacques Rougerie, avec Egis pour le bâtiment et les fluides et Ingérop pour l'aquariologie [S13]. La surface d'exposition double pour atteindre 10 000 mètres carrés, le volume des bassins quadruple pour atteindre 17 000 mètres cubes, et quatre nouveaux aquariums sont créés dont un de 10 000 mètres cubes, présenté comme l'équivalent de quatre piscines olympiques [S13]. La plus grande baie vitrée mesure 21 mètres sur 6, pour 38 centimètres d'épaisseur et 54 tonnes [S13]. L'opération reçoit le grand prix national de l'ingénierie en 2018, année où la fréquentation progresse de 60 % pour atteindre 874 000 visiteurs ; l'équipement se classe alors au premier rang européen et au quatrième rang mondial des aquariums [S13].

Océanopolis

À Brest, Océanopolis est un centre international de culture scientifique de la mer, remporté sur concours pour la Communauté urbaine de Brest : 45 000 mètres carrés sur 15 hectares d'aménagement, pour un budget de 54,3 millions d'euros hors taxes, avec salles d'expositions permanentes et temporaires, amphithéâtre, bibliothèque, laboratoire pédagogique et scientifique et restaurants, dimensionné pour environ un million de visiteurs par an [S12]. Le projet s'inscrit dans la reconquête du front de mer au port de plaisance du Moulin Blanc et a été conçu pour un développement par phases [S12]. À Cherbourg, la Cité de la Mer, ouverte en 2002, abrite l'Aquarium Abyssal, faille vitrée de 11 mètres de hauteur présentée comme le plus profond d'Europe ; Rougerie signe également l'Intechmer à Tourlaville, institut de recherche et de formation marine [S2].

Japon et international

Le Japon est le premier terrain international. Lauréat d'un concours pour l'exposition maritime internationale Portopia, à Osaka-Kobe, Rougerie y réalise en 1981 le Pavillon de la Mer : 4 500 mètres carrés, 15 millions d'euros hors taxes, pour le client Minami International, dimensionné pour six millions de visiteurs en six mois [S5][S11]. L'édifice est une corolle de verre et d'acier fondée sur des principes antisismiques, organisée autour d'un aquarium géant transparent sur toutes ses faces, qui présente les technologies offshore et d'aquaculture ; la maison sous-marine Galathée est installée devant le pavillon [S11].

À Alexandrie, le musée d'archéologie sous-marine occupe l'agence depuis 1996 [S14]. Rougerie porte sa proposition auprès des autorités égyptiennes en 2008 ; le projet est suspendu après la révolution de 2011, puis relancé en septembre 2015 [S14], année où la villa Noailles indique qu'il remporte le concours international correspondant [S5]. Le dispositif associe une partie émergée, où sont présentés les objets remontés, et une partie immergée en tunnels de verre permettant d'observer environ 2 500 vestiges reposant dans le port ; au 3 mars 2016, l'État égyptien n'assurait pas le financement, plusieurs entreprises privées s'étant déclarées intéressées [S14]. En Polynésie française, Te Fare Natura, à Moorea, est un éco-musée dont la voûte de 15 mètres emprunte au coquillage et à l'arbre du voyageur, avec ventilation naturelle et panneaux solaires disposés comme des écailles [S10].

L'architecture « mérienne » et le biomimétisme

!Pulmo, création emblématique de Jacques Rougerie. Crédit : Fondation Jacques Rougerie (droits site officiel à formaliser)

Rougerie se définit comme un architecte mérien, tourné vers l'océan et vers ceux qui l'habiteront [S4]. Le mot n'est pas décoratif : il désigne une posture de conception où la référence n'est plus le sol mais l'eau. L'architecture sous-marine, explique-t-il, diffère fondamentalement de l'architecture terrestre parce qu'elle relève de la poussée d'Archimède et de la résistance à la pression [S10].

De cette contrainte naît une méthode : observer le vivant avant de dessiner. Pulmo est une méduse, l'Aquabulle une bulle d'air inspirée de la même famille, SeaOrbiter une silhouette bio-inspirée de l'hippocampe [S10] ; Tetiora est un ensemble de refuges bio-inspirés par la crevette [S15]. La Fondation résume sa démarche par les adjectifs biomimétique, bio-inspirée, résiliente et durable [S4]. Il cite volontiers Léonard de Vinci : « Allez prendre vos leçons dans la nature, c'est là qu'est notre futur ! » [S30].

Tetiora en donne l'application la plus concrète : pour l'hôtel The Brando, sur l'atoll de Tetiaroa dans les îles de la Société, cinq refuges de deux personnes mesurant 7,20 mètres de long sur 2,20 de large et 2,80 de haut, complétés d'un espace commun pour dix personnes, permettent une immersion continue par 6 mètres de fond au cœur du lagon [S15].

Vers l'espace : village lunaire et projets visionnaires

!Village lunaire, création emblématique de Jacques Rougerie. Crédit : Fondation Jacques Rougerie (droits site officiel à formaliser)

Le passage de la mer à l'espace est chez Rougerie une continuité : dès 1973, le village sous-marin commandé par la NOAA et la NASA sert de base d'entraînement pour les astronautes [S3], et le centre qu'il fonde en 1974 s'intitule Centre d'architecture de la mer et de l'espace [S4].

« J'ai conçu un village lunaire qui peut accueillir 150 astronautes pour des missions de longue durée », déclare-t-il ; « les modules sont construits sur Terre, puis transportés en fusée. Le village est ensuite finalisé avec des imprimantes 3D grâce au sable lunaire » [S16]. Il enseigne cette architecture : à l'université de Cincinnati, il a travaillé avec des étudiants sur des modules lunaires comprenant des salles d'opération en télémédecine, en les entraînant à collaborer avec des psychologues et des ingénieurs [S16]. Sa fondation reçoit chaque année plus de cent projets portant sur l'espace, des stations orbitales pour Mars aux satellites pour Europe [S16].

La filière produit des résultats tangibles. EuroHab, module d'habitat lunaire conçu par Peter Weiss et la société Spartan Space, a été récompensé par le prix d'architecture de la Fondation Jacques Rougerie en 2020, puis présenté le 19 juin 2023 au Palais Bourbon lors de la conférence « Ariane : une odyssée », pour les cinquante ans du programme Ariane, en présence de Thomas Pesquet, de Claudie Haigneré et de Josef Aschbacher, directeur général de l'Agence spatiale européenne [S17]. Parmi les projets visionnaires que la Fondation range dans ses créations emblématiques figurent également l'Arche de lumière et le Village lunaire [S18].

SeaOrbiter

!Le SeaOrbiter en coupe mer et ciel : le poste de vigie et le pont solaire au-dessus de la ligne de flottaison, le fuselage habité et la quille en dessous. Crédit : Concept art Blue Education, d'après la maquette officielle SeaOrbiter (licence Blue Education)

SeaOrbiter est le projet de station océanique internationale permanente porté par Jacques Rougerie, décrit par sa fondation comme une station internationale des océans à l'instar de la Station spatiale internationale, véritable laboratoire scientifique, technologique et éducatif sous-marin permanent [S18]. Le vaisseau, vertical, se laisse porter par les courants plutôt que de les affronter. Le prototype « The Eye of SeaOrbiter », module supérieur vitré, a été achevé en 2015 grâce à une campagne participative de 345 000 euros ; c'est à ce jour la seule partie construite [S22]. La villa Noailles annonçait en 2024 une mise en chantier en 2025 pour une mise en service visée en 2027 [S5]. Fiche dédiée : SeaOrbiter.

Académie des beaux-arts et distinctions

!Portrait de Jacques Rougerie, architecte et académicien. Crédit : Jacques Rougerie Architecte, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Jacques Rougerie est élu le 25 juin 2008 à l'Académie des beaux-arts, section Architecture, fauteuil I, au siège laissé vacant par André Wogenscky [S1], et installé sous la Coupole de l'Institut de France le 3 juin 2009 [S23].

Il est chevalier de la Légion d'honneur, distinction que sa fondation rattache à l'année 2009 [S1][S4], officier de l'ordre des Arts et des Lettres et officier de l'ordre du Mérite maritime [S1]. Il a reçu le prix de l'Union internationale des architectes et le prix de l'Académie d'architecture [S1], ainsi que le FIABCI World Pioneer Award en 2022 selon sa fondation [S4]. La Société d'encouragement au progrès l'inscrit à son palmarès des grandes médailles d'or au millésime 2022, sous la mention « Membre de l'Institut, architecte, Président de SeaOrbiter » ; il y donne le 12 avril 2023 une conférence intitulée « Habiter la mer et l'espace ! » [S26]. Il est professeur honoris causa de l'université d'ingénierie et d'architecture du Yunnan et enseigne à l'École nationale supérieure d'architecture Paris Val-de-Seine [S1].

La Fondation Jacques Rougerie et son concours

!Cérémonie de remise des Grands Prix internationaux de la Fondation Jacques Rougerie, sous la Coupole du Palais de l'Institut de France. Crédit : Fondation Jacques Rougerie (droits site officiel à formaliser)

Créée en 2009, la Fondation Jacques Rougerie Génération Espace Mer encourage l'innovation architecturale liée aux mondes côtier, maritime et spatial [S1][S29]. Rattachée à l'Académie des beaux-arts depuis le 25 janvier 2023, elle a pour mission déclarée d'étudier le développement de SeaOrbiter afin d'en financer la construction et l'exploitation [S23]. Son objet, tel qu'elle le formule, est de favoriser l'éveil, la sensibilisation et l'engagement de tous, en particulier des jeunes générations, dans la préservation du milieu marin et la relation future de l'humanité à la mer, à l'eau douce et à l'espace [S19].

La gouvernance est adossée à l'Institut : présidence d'honneur du prince Albert II de Monaco, présidence de Laurent Petitgirard, secrétaire perpétuel de l'Académie des beaux-arts, vice-présidences de Jacques et Sophie Rougerie, pour un conseil d'administration de treize membres où siègent notamment Dominique Perrault, Anne Démians, Marc Barani, Astrid de la Forest, Emmanuel Guibert, Xavier Darcos, Jean-Luc Allavena, Francis Rambert, Étienne Ghys, Jean-Marie Job et Régis Campo [S19].

Le concours international d'architecture et d'innovation est le principal instrument de cette action. Organisé en partenariat avec l'UNESCO, il se répartit en trois grands prix, « Terres submersibles », « Mer » et « Espace » [S20]. Depuis l'origine, la Fondation revendique 12 000 candidatures issues de 150 nationalités sur les cinq continents ; la treizième édition est datée de 2023 et la quatorzième de 2024 [S20]. La page officielle ne donne pas l'année de la première édition, et cette fiche ne la déduit pas.

Le palmarès 2024 en donne la physionomie : la cérémonie se tient le 11 décembre 2024 dans la Grande salle des séances du Palais de l'Institut de France et récompense six lauréats, dotés de 10 000 euros chacun, au titre de trois grands prix internationaux et d'un prix spécial « Lab Architecture et Innovation » [S21]. Sont primés le Parc épuratoire de Mallorquín (Colombie) et Souffle (Cameroun) en catégorie climat et montée des eaux, Sedna, projet français d'énergie houlomotrice pour les communautés arctiques, en catégorie océan, Mission Avatar (Tadjikistan) et Mama Quilla (France) en catégorie espace, et L.I.S.A. (Italie) au titre du prix spécial [S21].

La Fondation anime enfin un programme de Junior Ambassadeurs, réseau fédérant les anciens candidats et lauréats du concours, architectes, designers, ingénieurs et chercheurs réunis autour de l'architecture bio-inspirée [S28]. Le 10 novembre 2025, à la COP30 de Belém, elle annonce avec Tuvalu et le Global Centre for Climate Mobility un « Museum for Tuvalu » face à la montée des eaux [S24].

Publications et expositions

!Aquabulle, projet de l'agence Jacques Rougerie Architecte, autre vue. Crédit : Jacques Rougerie Architecte, Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

L'exposition monographique de référence est « Jacques Rougerie, Habiter avec la mer », présentée à la villa Noailles à Hyères du 9 mars au 12 mai 2024, sous le commissariat de MBL architectes, soit Benjamin Lafore, Sébastien Martinez-Barat, Florian Jomain et Nicolas Boulben [S5]. Elle réunit des dessins originaux issus des archives personnelles de l'architecte, certains montrés pour la première fois, un ensemble de maquettes dont le village sous-marin prêté par le Centre Pompidou, et l'habitat Aquabulle installé sur le parvis de la villa ; un catalogue l'accompagne, avec des textes de Jacques Rougerie et des contributions de MBL architectes et de l'architecte et historienne Emmanuelle Chiappone-Piriou [S5].

Ses projets sont entrés dans les collections publiques : le Centre Pompidou conserve, sous le numéro d'inventaire AM 2007-2-27, une maquette du village sous-marin donnée par l'artiste en 2006, rattachée au domaine de l'architecture expérimentale [S6]. Il s'exprime régulièrement dans des cadres institutionnels, du colloque « Habiter la mer et l'espace » de la Cité de l'architecture et du patrimoine [S27] à l'interview publiée le 6 février 2023 par le Musée national de la Marine [S30].

Trois ouvrages lui sont attribués par des catalogues de libraires, Habiter la mer (1978), Les Enfants du capitaine Nemo avec Hugo Verlomme et De Vingt mille lieues sous les mers à SeaOrbiter (2010) avec Alexandrine Civard-Racinais. Ces références n'ont pas pu être vérifiées sur une notice d'éditeur consultable et figurent parmi les points à vérifier de cette fiche.

Citations

> « La mer est une école d'humilité. » > Jacques Rougerie, entretien au Musée national de la Marine [S30]

> « Allez prendre vos leçons dans la nature, c'est là qu'est notre futur ! » > Léonard de Vinci, cité par Jacques Rougerie [S30]

> « J'ai passé mon enfance, bercé par le vent et la houle du large. » > Jacques Rougerie, à propos de la Côte d'Ivoire [S30]

> « Elle doit impérativement oser ! » > Jacques Rougerie, à propos de la jeune génération [S30]

> « J'ai conçu un village lunaire qui peut accueillir 150 astronautes pour des missions de longue durée. » > Jacques Rougerie, Futura-Sciences [S16]

Résonance avec l'économie bleue

Le 24 février 2026, au Rotary Club Paris, Jacques Rougerie appelle la jeunesse du monde à bâtir ses rêves avec l'océan, décrit comme le fondement de l'économie bleue [S25].

Ce que le Blue Wiki retient de son œuvre tient en trois gestes qui parlent la même langue que l'économie bleue au sens de Gunter Pauli, sans qu'aucun lien entre les deux hommes n'ait jamais été documenté. Concevoir à partir du vivant plutôt que contre lui, d'abord : la méduse pour Pulmo, la crevette pour Tetiora, l'hippocampe pour SeaOrbiter [S10][S15]. Substituer la suspension à l'ancrage, ensuite, c'est-à-dire dimensionner un ouvrage pour qu'il ne prélève rien au milieu qui l'accueille, principe posé dès Galathée avec le ballast souple qui supprime tout impact sur l'écosystème [S7]. Faire de la dérive une méthode, enfin, en laissant le courant porter la station plutôt qu'en dépensant de l'énergie à le contrer [S18].

Ces trois gestes appartiennent à la même famille intellectuelle que la valorisation en cascade et l'économie qui travaille avec les flux existants. Le rapprochement s'arrête là et reste éditorial : aucune source écrite ne relie Jacques Rougerie à Gunter Pauli, à ZERI ou à la Blue Economy au sens de Pauli, et cette fiche n'en fabrique aucun.

Chronologie

  • 11 juillet 1945 : naissance à Paris, d'une mère professeure de mathématiques et d'un père biogéographe [S1][S2].
  • 1945-1956 : enfance en Côte d'Ivoire, rencontre de Théodore Monod [S2][S30].
  • 1956 : découverte du film Le Monde du silence [S2][S5].
  • 1964-1969 : École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, atelier issu d'Auguste Perret [S2][S4].
  • 1965-1967 : École des arts et métiers de Paris, sous Jean Prouvé [S2][S4].
  • 1970-1973 : séminaires à l'Institut océanographique de Paris ; Université d'urbanisme de Vincennes [S2][S4].
  • 1972 : diplôme d'architecte DPLG, création de son agence [S2][S4].
  • 1973 : Village sous la mer pour la NOAA et la NASA, îles Vierges américaines [S3][S5].
  • 1974 : fondation du Centre d'architecture de la mer, puis de la mer et de l'espace ; Pulmo [S4][S10].
  • 1977 : Galathée, première maison sous-marine [S1][S7].
  • 1978 : Aquabulle [S2][S22].
  • 1979 : Aquascope, pour le Club Méditerranée [S8][S22].
  • 1981 : Pavillon de la Mer à l'exposition Portopia d'Osaka-Kobe ; Hippocampe au large de Marseille ; Aquabulles en Corse [S2][S9][S11].
  • 1982 : Aquaspace [S2][S22].
  • 1992 : épisode de La Chalupa, Key Largo, Floride, dont la nature et la durée divergent selon les sources [S1][S10][S22].
  • 1996 : premières études du musée d'archéologie sous-marine d'Alexandrie [S14].
  • 1998 : Ocean Observer [S3].
  • 2002 : Cité de la Mer à Cherbourg, Aquarium Abyssal de 11 mètres [S2].
  • 2006 : don au Centre Pompidou de la maquette du village sous-marin [S6].
  • 25 juin 2008 : élection à l'Académie des beaux-arts, section Architecture, fauteuil I [S1].
  • 3 juin 2009 : installation sous la Coupole de l'Institut de France [S23].
  • 2009 : création de la Fondation Jacques Rougerie Génération Espace Mer ; chevalier de la Légion d'honneur [S1][S4].
  • 2012-2018 : extension du Grand Nausicaá à Boulogne-sur-Mer [S13].
  • 2015 : achèvement du prototype « The Eye of SeaOrbiter » ; relance du projet d'Alexandrie [S14][S22].
  • 2018 : grand prix national de l'ingénierie pour Nausicaá, 874 000 visiteurs [S13].
  • 2020 : prix d'architecture de la Fondation au module lunaire EuroHab [S17].
  • 2022 : millésime de la grande médaille d'or de la Société d'encouragement au progrès [S26].
  • 25 janvier 2023 : rattachement de la Fondation à l'Académie des beaux-arts [S23].
  • 19 juin 2023 : présentation d'EuroHab au Palais Bourbon [S17].
  • 9 mars au 12 mai 2024 : exposition « Habiter avec la mer » à la villa Noailles [S5].
  • 11 décembre 2024 : palmarès des six lauréats du concours au Palais de l'Institut de France [S21].
  • 10 novembre 2025 : annonce du « Museum for Tuvalu » à la COP30 de Belém [S24].
  • 24 février 2026 : intervention au Rotary Club Paris sur l'océan comme fondement de l'économie bleue [S25].

Sources

1. Jacques Rougerie, Académie des beaux-arts. https://www.academiedesbeauxarts.fr/jacques-rougerie 2. Jacques ROUGERIE, La Médiathèque de la Mer, Cité de la Mer (Cherbourg). https://www.mediathequedelamer.com/jacques-rougerie 3. Habiter sous la mer, La Médiathèque de la Mer, Cité de la Mer (Cherbourg). https://www.mediathequedelamer.com/habiter-sous-la-mer 4. Explorateur du futur, Fondation Jacques Rougerie. https://www.fondation-jacques-rougerie.com/fr/fondation/jacques-rougerie-architecte-visionnaire/explorateur-du-futur/ 5. Habiter avec la mer, Jacques Rougerie, villa Noailles (Hyères), 2024. https://villanoailles.com/expositions/jacques-rougerie 6. Maquette, ensemble « Village sous-marin, ferme, musée, Pulmo, Centre à grande profondeur », Centre Pompidou. https://www.centrepompidou.fr/fr/ressources/oeuvre/c4LdXn 7. Galathée, Architizer (Jacques Rougerie Architectes Associés). https://architizer.com/projects/galathee/ 8. Aquascope, Architizer (Jacques Rougerie Architectes Associés). https://architizer.com/projects/aquascope/ 9. Hippocampe, Architizer (Jacques Rougerie Architectes Associés). https://architizer.com/projects/hippocampe/ 10. Jacques Rougerie, l'architecte de la mer, Chroniques d'architecture. https://chroniques-architecture.com/jacques-rougerie-larchitecte-de-la-mer/ 11. Sea Pavilion (Pavillon de la Mer), Rougerie+Tangram. https://www.rougerie-tangram.com/en/project/pavillon-de-la-mer-2/ 12. Océanopolis, Brest (29), Rougerie+Tangram. https://www.rougerie-tangram.com/projet/oceanopolis-brest-29/ 13. Nausicaá, Egis Group. https://www.egis-group.com/fr/projets/nausicaa 14. Un musée sous-marin pour la ville d'Alexandrie, ArchiBat Mag, 2016. https://archibat.com/blog/un-musee-sous-marin-pour-la-ville-dalexandrie/ 15. Tetiaroa, Rougerie+Tangram. https://www.rougerie-tangram.com/projet/tetiaroa/ 16. « L'architecture va devenir un élément clé de la conquête spatiale » : interview de Jacques Rougerie, Futura-Sciences. https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/architecture-architecture-va-devenir-element-cle-conquete-spatiale-interview-jacques-rougerie-128612/ 17. Spartan Space exposé à l'Assemblée nationale, Fondation Jacques Rougerie, 2023. https://www.fondation-jacques-rougerie.com/fr/actualites/2023-08-22-spartan-space/ 18. Créations emblématiques, Fondation Jacques Rougerie. https://www.fondation-jacques-rougerie.com/fr/fondation/jacques-rougerie-architecte-visionnaire/creations-emblematiques/ 19. Gouvernance, Fondation Jacques Rougerie. https://www.fondation-jacques-rougerie.com/fr/fondation/gouvernance/ 20. Prix d'architecture et d'innovation, Fondation Jacques Rougerie. https://www.fondation-jacques-rougerie.com/fr/concours/prix-darchitecture-et-dinnovation/ 21. Fondation Jacques Rougerie, palmarès 2024 : les 6 lauréats, Chroniques d'architecture, 2024. https://chroniques-architecture.com/fondation-jacques-rougerie-palmares-2024-les-6-laureats/ 22. SeaOrbiter, International Oceanic Station, site officiel, section Origins, consulté le 25 août 2026. https://www.seaorbiter.com/ 23. The Jacques Rougerie Space Sea Generation Foundation, Académie des beaux-arts, 2023. https://www.academiedesbeauxarts.fr/en/jacques-rougerie-space-sea-generation-foundation 24. Museum for Tuvalu, Global Centre for Climate Mobility, 2025. https://climatemobility.org/press-media/tuvalu-gccm-jacques-rougerie-foundation-museum-launch/ 25. Au Rotary Club Paris, Jacques Rougerie appelle la jeunesse du monde à bâtir ses rêves avec l'océan, Fondation Jacques Rougerie, 2026. https://www.fondation-jacques-rougerie.com/en/news-and-events/2026-02-24-au-rotary-club-paris-jacques-rougerie-appelle-la-jeunesse-du-monde-a-batir-ses-reves-avec-locean/ 26. Les grandes médailles d'or, Société d'encouragement au progrès, consulté le 25 août 2026. https://www.sep-france.org/gd_medaille.php 27. Habiter la mer et l'espace, Jacques Rougerie architecte océanographe, Cité de l'architecture et du patrimoine, 2023. https://www.citedelarchitecture.fr/fr/agenda/colloque-conference-debat/habiter-la-mer-et-lespace-jacques-rougerie-architecte-oceanographe 28. Junior Ambassadeurs, Fondation Jacques Rougerie. https://www.fondation-jacques-rougerie.com/fr/junior-ambassadeurs/ 29. La Fondation, Fondation Jacques Rougerie. https://www.fondation-jacques-rougerie.com/fr/fondation/la-fondation/ 30. Interview Jacques Rougerie, Musée national de la Marine, 6 février 2023. https://www.musee-marine.fr/le-magazine/articles-thematiques/les-interviews-du-musee-national-de-la-marine/jacques-rougerie.html

Key facts

  • Né le 11 juillet 1945 à Paris, d'une mère professeure de mathématiques et d'un père biogéographe ; il passe ses onze premières années en Côte d'Ivoire, où il côtoie Théodore Monod (Académie des beaux-arts, Médiathèque de la Mer, Musée national de la Marine).
  • Sa vocation naît à onze ans devant le film Le Monde du silence de Louis Malle et Jacques-Yves Cousteau, doublée des lectures de Jules Verne, Isaac Asimov et Arthur C. Clarke (Médiathèque de la Mer, villa Noailles).
  • Formation double : École nationale supérieure des beaux-arts de Paris de 1964 à 1969 dans l'atelier issu d'Auguste Perret, École des arts et métiers sous Jean Prouvé de 1965 à 1967, Institut océanographique de Paris à partir de 1970, diplôme DPLG en 1972 (Fondation Jacques Rougerie, Médiathèque de la Mer).
  • Fonde son agence en 1972, puis en 1974 le Centre d'architecture de la mer, devenu Centre d'architecture de la mer et de l'espace (Fondation Jacques Rougerie, Académie des beaux-arts).
  • Galathée, sa première maison sous-marine mise à l'eau en 1977, pèse 56 tonnes et se maintient en suspension entre 9 et 60 mètres grâce à un ballast souple en néoprène, sans ancrage ni impact sur l'écosystème (Architizer, seaorbiter.com).
  • L'Aquabulle (1978), sphère de 2,8 mètres de haut sur 2,5 de diamètre pour trois personnes, et l'Aquascope (1979), trimaran semi-submersible en versions A8 et A10, ont été construits en série, l'Aquascope à vingt-cinq exemplaires selon le site SeaOrbiter et plus de trente selon Architizer.
  • Hippocampe est immergé en décembre 1981 au large de Marseille, exactement à l'endroit du premier habitat Précontinent de Cousteau en 1962, et est aujourd'hui exposé à Isla Mujeres, au Mexique (Architizer).
  • En 1992, au large de Key Largo, en Floride, il est associé au laboratoire sous-marin La Chalupa, mais les sources se contredisent sur la nature même de l'épisode : l'Académie des beaux-arts porte à son actif un record du monde de séjour continu de 69 jours, la villa Noailles rapporte ses propos évoquant 71 jours et Chroniques d'architecture le cite disant y être resté 61 jours, tandis que le site officiel SeaOrbiter attribue le record de 69 jours et 19 minutes à l'aquanaute Richard Presley et présente Jacques Rougerie comme venu en visite. Contradiction non tranchée.
  • L'extension du Grand Nausicaá, menée de 2012 à 2018 sous sa maîtrise d'œuvre, porte l'exposition à 10 000 mètres carrés et les bassins à 17 000 mètres cubes, avec une baie vitrée de 21 mètres sur 6 pesant 54 tonnes ; elle reçoit le grand prix national de l'ingénierie 2018 (Egis Group).
  • Océanopolis à Brest, remporté sur concours pour la Communauté urbaine de Brest, représente 45 000 mètres carrés sur 15 hectares pour 54,3 millions d'euros hors taxes (Rougerie+Tangram).
  • Élu à l'Académie des beaux-arts le 25 juin 2008, section Architecture, fauteuil I, en succession d'André Wogenscky, installé sous la Coupole le 3 juin 2009 (Académie des beaux-arts).
  • Sa fondation, créée en 2009 et rattachée à l'Académie des beaux-arts depuis le 25 janvier 2023, organise avec l'UNESCO un concours international qui revendique 12 000 candidatures issues de 150 nationalités ; la page officielle ne donne pas l'année de la première édition (Fondation Jacques Rougerie, Académie des beaux-arts).

Points to verify

  • Séjour de 1992 dans le laboratoire sous-marin La Chalupa (Key Largo, Floride) : la contradiction porte sur le fait même du séjour, pas seulement sur sa durée. L'Académie des beaux-arts porte à l'actif de Jacques Rougerie un record du monde de séjour continu sous la mer de 69 jours, la villa Noailles rapporte ses propos évoquant une participation à un record de 71 jours, Chroniques d'architecture le cite disant y être resté 61 jours ; le site officiel du projet SeaOrbiter attribue au contraire le record de 69 jours et 19 minutes à l'aquanaute américain Richard Presley, dans le cadre du Project Atlantis, et décrit Jacques Rougerie comme venu lui rendre visite aux côtés de Jean-Loup Chrétien et de Vladimir Titov. Aucune source primaire (homologation, archive de presse) n'a pu être ouverte pour trancher ; le corps expose la divergence sans la résoudre.
  • Qualification de record du monde attachée à cette résidence sous-marine : elle n'a pas pu être confirmée auprès d'une instance d'homologation, et les sources consultées ne s'accordent ni sur le détenteur ni sur la durée.
  • Projet d'Archéoscope pour le golfe de Giens, daté de 1977 : mention relevée en cours de recherche mais jamais développée ni recoupée sur une source ouverte. Retirée de la chronologie et laissée hors du corps tant qu'une page consultable ne la décrit pas.
  • Matériaux des habitats : l'aluminium est attesté pour l'Aquascope et pour Hippocampe (Architizer), tandis que la fiche Architizer de Galathée indique une coque acier. La fiche ne généralise plus un matériau unique à toute la famille d'engins ; le détail matériau par matériau reste à confirmer sur une source technique.
  • Année de la première édition du concours de la Fondation : la page officielle ne la donne pas. Seules la treizième édition (2023) et la quatorzième (2024) sont datées ; la fiche ne déduit plus de millésime de création et ne rattache plus le concours à l'année de création de la Fondation (2009). Palmarès 2025 (cérémonie du 26 novembre 2025, quatre grands prix de 5 000 euros, jury présidé par Carlos Moreno, Grand Prix Tide Fusion de Katrin Tomas) : sources secondaires non ouvertes.
  • Légende de la photographie de cérémonie utilisée dans la rubrique consacrée à la Fondation : la date du 26 novembre 2025 provenait de la page-source de l'image et n'a pas été recoupée sur un compte rendu ouvert. La légende a été ramenée à ce qui est visible et non daté, en attendant vérification.
  • Nombre d'exemplaires de l'Aquascope : vingt-cinq selon le site officiel SeaOrbiter, plus de trente selon Architizer, qui date par ailleurs le lancement de 1979 et la construction de 1981.
  • Capacité et profondeur maximale de Galathée : 4 à 5 passagers jusqu'à 60 mètres selon Architizer et la Médiathèque de la Mer telle que relue le 25 août 2026 ; une note de recherche interne relevait 4 à 7 personnes et 45 mètres sur la même source, à trancher.
  • Date précise de mise à l'eau de l'Aquabulle (mars 1978 selon Mer et Marine) : la page renvoie une erreur HTTP 403 et n'a pas pu être ouverte ; seule l'année 1978 est retenue dans le corps.
  • Durée du séjour d'essai d'Hippocampe avec le physiologiste Bernard Gardette (Comex) : huit jours selon une note de recherche, trois jours selon Atlas Obscura ; fait laissé hors du corps.
  • Aquaspace : capacité donnée à dix-huit personnes par la Médiathèque de la Mer et à douze à dix-huit par le site SeaOrbiter ; production de vingt-cinq unités entre 1982 et 2000 attribuée à Atlas Obscura, source non ouverte.
  • Concours du musée d'archéologie sous-marine d'Alexandrie : la villa Noailles situe la victoire en 2015, une autre source évoque un concours sous l'égide de l'UNESCO en 2006, non mentionné par l'article d'ArchiBat consulté. Statut de construction toujours indéterminé après 2016.
  • Aqualab (habitat-laboratoire daté de 1989, projet d'Okinawa avec la Comex, NHK et Jamstec, jamais réalisé) : absent de la chronologie officielle du site SeaOrbiter et de la page des créations emblématiques de la Fondation ; laissé hors du corps.
  • L'Étoile des Embiez (1986), village sous-marin pour enfants commandé par Paul Ricard et jamais réalisé : source unique Atlas Obscura, non ouverte ; laissé hors du corps.
  • Dates d'ouverture d'Océanopolis I (1989) et II (2000) et de Nausicaá I (1991) : attestées seulement par des sources encyclopédiques non officielles ; les pages de l'agence et d'Egis ne datent que l'extension 2012-2018.
  • Piscine Molitor (2008), restauration à laquelle Rougerie aurait participé aux côtés de Jean-Philippe Nuel, Alain Derbesse et Alain-Charles Perrot : source Bati'life non ouverte, fait écarté du corps.
  • Oceanarium de Kochi (Inde, 2014, consortium avec Mahindra Consulting Engineers pour la FIRMA du Kerala) et musée de la mer de Qingdao : pages non ouvertes lors de cette rédaction, faits écartés du corps.
  • Arche de lumière : datation de 1993 et description (vaisseau à voiles solaires, quatre miroirs triangulaires autour d'un anneau) issues d'un blog relayant rougerie.com, confiance basse ; seul le nom du projet, cité par la Fondation, est retenu.
  • Fusion de l'agence avec Tangram Architectes pour former Rougerie+Tangram, présidence d'Emmanuel Dujardin, effectif d'environ 90 professionnels entre Marseille et Paris : article Batiactu inaccessible (HTTP 403), date de fusion non confirmée.
  • Millésime de la grande médaille d'or de la Société d'encouragement au progrès : 2022 sur la liste officielle de la Société, 2023 selon Wikipédia FR. Le corps retient 2022, millésime de la source primaire.
  • Année de la nomination dans l'ordre de la Légion d'honneur : la Fondation la rattache à 2009, l'Académie des beaux-arts atteste le grade sans date, et le décret cité par Wikipédia FR (13 juillet 2009) n'a pas été vérifié sur une source officielle.
  • FIABCI World Pioneer Award 2022 : mentionné par la seule page de la Fondation, non recoupé.
  • Publications : Habiter la mer (1978, Éditions maritimes, avec Édith Vignes), Les Enfants du capitaine Nemo (avec Hugo Verlomme, Arthaud, 1985 ou 1986 selon les catalogues) et De Vingt mille lieues sous les mers à SeaOrbiter (2010, Democratic Books, ISBN 9782361040024, avec Alexandrine Civard-Racinais) : notices de libraires non ouvertes (HTTP 403), à confirmer sur une notice d'éditeur ou la BnF.
  • Village lunaire de Rougerie : à ne pas confondre avec le « village lunaire permanent » de l'ESA évoqué par Jan Wörner en 2016, ni avec les travaux ESA / Foster + Partners sur l'impression 3D de régolithe ; aucune source ne relie les deux démarches.
  • Date de création du programme Junior Ambassadeurs et effectifs du réseau : la page de la Fondation décrit le programme sans donner d'année ni de chiffre.
  • Année de création du projet SeaOrbiter : aucune page consultée du site officiel ne porte de date de naissance du projet ; une mention concurrente situe le dévoilement en 2005. Date retirée du corps.
  • État d'avancement de SeaOrbiter : le calendrier annoncé lors de la relance de 2022 avec CMA CGM (chantier 2024, navigation 2025) puis celui de la villa Noailles (chantier 2025, service 2027) ne sont confirmés par aucune source récente ; seul le prototype de 2015 est construit.
  • Dimensions et budget de SeaOrbiter : les sources divergent (51, 57 ou 58 mètres de hauteur ; 31 mètres immergés ; 35 millions d'euros ou 52,7 millions de dollars). Détail dans la fiche SeaOrbiter.
  • Portrait officiel de Jacques Rougerie affiché sur la fiche à partir du fichier publié par le site du projet SeaOrbiter (crédit E. Préau) et images des sites officiels Fondation et Rougerie+Tangram : l'autorisation de reproduction reste à formaliser par écrit auprès des ayants droit. Les images Wikimedia Commons utilisées sont en CC BY-SA et exigent le maintien du crédit.
  • Aucun lien documenté avec Gunter Pauli, ZERI ou la Blue Economy au sens de Pauli : le rapprochement présenté dans la rubrique Résonance est explicitement éditorial et doit le rester tant qu'aucune source écrite ne l'établit.
  • Longueur du body_md : environ 34 000 caractères, au-dessus de la cible de 12 000 à 20 000 annoncée dans la commande. Le plan imposé (quatorze rubriques substantielles, sept sous-sections par engin, chronologie datée, trente sources, onze images) ne tenait pas dans la fourchette sans supprimer des faits sourcés ; arbitrage assumé en faveur du contenu, trim possible sur les rubriques Habitats et Grands équipements si la contrainte est ferme.

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Candidate visuals pending licensing/validation.

Based on 30 referenced sources from the corpus.