Principe
Selon Gunter Pauli, une licence d'exploitation n'est pas une licence pour causer des dommages, et réduire le dommage ne suffit pas : détruire moins de forêt reste détruire la forêt. Une décision écologique n'est réellement soutenable que si elle génère un bénéfice environnemental positif et un modèle économique viable.
Illustrations dans le corpus
Las Gaviotas : régénération et valeur d'actif
Dans son blog d'octobre 2012, Gunter Pauli décrit comment Gaviotas conçoit la régénération de la forêt de manière à augmenter la valeur des actifs, notamment grâce à la production d'eau potable fournie gratuitement à la population locale. La logique n'est pas de faire moins de mal, mais de générer un bénéfice écologique qui se traduit en valeur économique.
Novamont : financer l'assainissement par de nouveaux flux
Dans le cas Invigorating Rio, Pauli oppose deux logiques industrielles. Plutôt que de financer la remédiation environnementale à partir des profits annuels d'une usine pétrochimique, il propose de réorienter ces dépenses vers des usages plus productifs en s'appuyant sur les investissements enfouis et le capital humain qualifié déjà en place. Le principe : générer de nouveaux flux de trésorerie via des procédés innovants qui rendent l'assainissement soutenable économiquement.
Repenser les règles du jeu industriel
Le cas Plow Without A Plow (Angelo Mazzei) illustre qu'orienter les entreprises vers la soutenabilité et une rentabilité supérieure suppose de remettre en cause les règles de base considérées comme intangibles, ici la relation inverse supposée entre vitesse et qualité de distribution.
Valeur locale et cascade de décisions
Dans Invigorating Rio, Pauli souligne aussi que l'agriculteur doit partir de ce qui est localement disponible et donner de la valeur à tout ce qu'il peut récolter durablement, générant plus de revenus qu'anticipé. La cascade de décisions démarre, par exemple, par la culture de café biologique et l'élimination des produits chimiques agressifs.
Portée du principe
Ce principe fonde le refus, dans l'économie bleue, de l'arbitrage classique entre performance environnementale et performance financière. Il exige des modèles où le bénéfice écologique et le flux de revenus se renforcent mutuellement, plutôt que des dispositifs de compensation ou de simple réduction de nuisance.

