Vue d'ensemble
Gunter Pauli structure son cadre conclusif en trois grands ensembles de principes interdépendants, qui synthétisent l'approche de l'économie bleue à partir de l'observation des écosystèmes et de la mise en œuvre concrète d'innovations.
Les trois piliers
1. S'inspirer de la Nature
Ce premier pilier invite à privilégier la physique, à sortir de la logique linéaire, à optimiser et coévoluer, à résister par la diversité et à aller au-delà du bio. Pauli illustre cette posture en évoquant la capacité de la Nature à « évoluer, à créer quelque chose qui n'existait pas et à s'adapter à toute nouvelle réalité en ajoutant tout ce qui est nécessaire pour exploiter au mieux cette nouvelle opportunité ».
2. Changer les règles du jeu
Ce pilier regroupe plusieurs principes :
- Interconnecter les problèmes pour créer des opportunités : « le principe selon lequel les problèmes sont des opportunités » est central.
- Remettre la Nature dans le sens de son évolution.
- Conserver la gratuité des communs, alors que « les modes actuels de production, de distribution et de consommation ne font que gaspiller et détériorer les communs ».
- Satisfaire d'abord les besoins de base.
- Utiliser ce que l'on a, remplacer quelque chose par rien, tout valoriser.
- Être en bonne santé et heureux : Pauli rappelle que « si nous nous concentrons sur les entreprises rentables, nous ne devons pas perdre de vue que le but ultime est d'être heureux et en bonne santé », qualifiant ce point de « plus importante nouvelle règle du jeu ».
Ce pilier suppose d'accepter que « plus d'innovations, mises en œuvre en réseau, diminuent les risques uniquement pour ceux qui acceptent de changer les règles écrites et non écrites du jeu ».
3. Vivre sur son territoire
Ce pilier articule plusieurs orientations :
- Économies de perspectives plutôt que d'échelle : « Plutôt que de courir après les économies d'échelle, nous recherchons des économies de perspectives ».
- Multiples débouchés et intégration verticale, en s'appuyant sur les infrastructures existantes pour « tisser un cycle entre matières et énergie pour transformer le tissu social, économique et environnemental local ».
- Gestion sans business plan, décision à partir des états financiers.
- Éthique au centre.
Pauli souligne qu'une logique « gagnant-gagnant-gagnant » devient possible et que « les seules objections viendront de ceux qui étaient habitués à recevoir le maximum dans le jeu actuel gagnant-perdant ».
Nature du cadre
Le cadre proposé n'est pas axiomatique mais expérientiel, évolutif et ouvert. Il s'appuie sur un modèle participatif où, « si les sous-systèmes sont optimisés, des ressources supplémentaires sont mises en place pour améliorer d'autres parties du système », avec un niveau idéal « continuellement ajusté afin qu'il puisse évoluer en fonction des ressources disponibles et des niveaux souhaités ».
La participation et la collaboration y sont décrites comme « un moyen efficace de partager et d'accroître les connaissances, d'améliorer la formulation d'une vision commune et de renforcer la persévérance requise pour mettre en œuvre ces innovations ».


